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Le nouvel article 43-8 (dernier alinéa) de la loi du 30 septembre 1986
déclaré inconstitutionnel. 28/07/2000
Dans sa décision
n° 2000-433 du 27 juillet 2000, le conseil constitutionnel vient de déclarer
contraire à la Constitution, le dernier alinéa de l'article 43-8 de la loi
du 30 septembre 1986. Cet alinéa prévoyait la responsabilité pénale et civile
des hébergeurs et fournisseurs d'accès si "ayant été saisis par un tiers
estimant que le contenu qu'ils hébergent est illicite ou lui cause un préjudice,
ils n'ont pas procédé aux diligences appropriées".
Le Conseil Constitutionnel retient qu'en "omettant de préciser les conditions
de forme d'une telle saisine et en ne déterminant pas les caractéristiques
essentielles du comportement fautif de nature à engager, le cas échéant, la
responsabilité pénale des intéressés, le législateur a méconnu la compétence
qu'il tient de l'article 34 de la Constitution".
Elections en ligne des directeurs de l'ICANN.
27/07/2000
L'ICANN, l'organisme de gestion des noms de domaine, a besoin de vous ! Pour
la première fois de sa courte histoire, l'Icann fait appel aux internautes
pour élire une partie de son équipe dirigeante. Le nombre des électeurs inscrits
varient d'un site à l'autre. Il semblerait, selon l'Afnic, que seules 20000
personnes se soient inscrites sur les listes électorales de cette cyber-élection.
Néanmoins, la cause est importante et votre avis compte et, même s'il ne s'agit
que de pseudo-démocratie, l'essentiel est de participer à ce qui pourrait
créer un précédent intéressant pour l'avenir du web.
L'inscription
en ligne est ouverte jusqu'au 31 juillet 2000.
Yahoo ! sans solution pour bloquer l'accès aux sites Nazis 24/07/2000
C'est hier, aux termes de l'ordonnance
de référé rendue le 22 mai 2000 par le Tribunal de grande instance de
Paris, que la société Yahoo! Inc devait présenter les mesures qu'elle comptait
mettre en œuvre "pour dissuader et rendre impossible" aux internautes
français toute consultation sur le site Yahoo.com du service aux enchères
d'objets nazis.
Suite à une plainte déposée par la Licra et l'UEJF, le juge Gomez avait en
effet donné deux mois à la société américaine pour se conformer à la loi française
prohibant notamment l'exhibition en public d'uniforme, insigne ou emblème
des membres d'une organisation d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité
(R 645-1 CP).
Yahoo ! Inc, représentée par Me Christophe Pecnard, s'est immédiatement déclarée
dans l'impossibilité technique de répondre aux demandes du juge en raison
de l'absence de solution satisfaisante pour identifier les internautes français.
Ainsi l'expert de Yahoo!, a longuement
expliqué au juge que non seulement les blocs d'adresses IP sont attribués
par zones géographiques, ce qui fait qu'un bloc d'adresses peut, par exemple,
être réparti entre des Suisses et des Français, mais qu'en plus, certains
internautes français peuvent être identifiés avec une adresse IP américaine
comme c'est le cas des clients d'AOL (15 % des internautes français).
"Comment la société Yahoo ! peut-elle nous faire croire qu'il lui est impossible
de connaître la nationalité des internautes quand les bandeaux publicitaires
présents sur son site sont affichés en fonction du pays de consultation"
a répliqué immédiatement la défense. Nous nous serions de toute façon contentés
de solutions "non-satisfaisantes" à partir du moment où elles auraient
contribué à atténuer un trouble grave à l'ordre public, ont plaidé
un à un les avocats des associations. Or, rien n'a été fait s'est indigné
Maître Lilti, avocat de l'UEJF, c'est là la marque de "la mauvaise volonté
de Yahoo! Inc et s'il le faut nous assignerons Jerry Yang, le PDG de Yahoo!
Inc, en personne".
Les avocats des associations demandent une astreinte de 200 000 Francs par
jour de retard dans l'exécution de l'ordonnance du 22 mai 2000. Le juge Gomez
rendra sa décision le 11 août 2000.
Reportage en direct
du Tribunal de Grande Instance.
Directives européennes : vers un nouveau cadre réglementaire pour les infrastructures
de communications électroniques et les services associés.
21/07/2000
La commission européenne se propose de créer un nouveau cadre pour la réglementation
des réseaux et des services de communications électroniques. Cherchant à répondre
au phénomène de convergence des secteurs des télécommunications, des médias
et des technologies de l'information, les engagements visent à instaurer un
marché ouvert et concurrentiel en ce domaine. Ainsi, les propositions
de directives du Parlement européen et du Conseil sont relatives notamment
au "service universel et les droits des utilisateurs au regard des réseaux
et services de communications électroniques" ; à "l'accès aux réseaux
de communications électroniques et aux installations associées, ainsi qu'à
leur interconnexion" ; à "l'autorisation de réseaux et de services de communications
électroniques" ; également au "traitement des données à caractère personnel
et à la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques".
Le débat s'élève autour de trois axes majeurs : la promotion d'un marché européen
ouvert et concurrentiel, la consolidation du marché intérieur et l'adoption
d'une réglementation technologique neutre avec une absence de mesures visant
spécifiquement l'Internet.
Concertations autour du rapport Gaudrat.
18/07/2000
Catherine Tasca, ministre de la Culture
et de la Communication a adressé aux sociétés d'auteurs
les propositions juridiques et pratiques issues du rapport de Philippe Gaudrat.
L'auteur
propose notamment de modifier l'article L.131-1 pour organiser la cession
de droits des salariés par un mécanisme de transfert automatique
des droits d'exploitation au fur et à mesure de la création,
sans formalité.
Les sociétés d'auteurs ont jusqu'au 13 août pour lui faire
part de leurs observations.
Directive sur le commerce électronique : Publication
du texte au JOCE 17/07/2000
Lundi
17 juillet 2000, vient d'être publiée
au JOCE la directive du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2000
relative à certains aspects juridiques des services de la société de l'information,
et notamment du commerce électronique, dans le marché intérieur (dite "directive
sur le commerce électronique"). Son objectif est de créer un cadre juridique
pour assurer la libre circulation des services de la société de l'information
entre les Etats membres. Elle traite notamment de l'établissement des prestataires,
des communications commerciales, des contrats par voie électronique, de la
responsabilité des intermédiaires et du règlement des litiges. Les Etats membres
devront adopter les dispositions nationales nécessaires, avant le 17 janvier
2002, pour se conformer à la directive.
"Safe Harbor" : la Commission européenne maintient sa
décision 17/07/2000
Malgré une résolution critique du Parlement
de Strasbourg votée le 5 juillet dernier, la Commission européenne maintient
sa décision de constater, avant la pause de l'été, l'adéquation des propositions
américaines sur la protection des données personnelles par rapport aux principes
de la directive européenne. Ce texte interdit, en effet, tout transfert de
données personnelles vers un Etat qui n'assure pas un niveau "adéquat" de
protection. Néanmoins, il donne à la Commission le pouvoir de constater qu'un
pays extérieur de l'Union européenne assure une certaine compatibilité entre
son droit et le socle de principes communautaires. C'est dans ce cadre que
les Américains ont proposé un mécanisme qui repose sur l'adhésion des entreprises,
qui souhaitent effectuer un transfert transatlantique de données, "aux
principes de la sphère de la sécurité" , le "Safe Harbor". Pour être mis
en oeuvre, ce système d'autorégulation doit faire l'objet d'une décision unilatérale
de la Commission européenne, après consultation du Parlement européen. Alors
que les députés européens avaient demandé à la Commission de renégocier le
texte américain, notamment sur la possibilité pour tout individu de pouvoir
porter plainte devant un organisme public indépendant et l'obligation des
entreprises participantes de réparer les dommages subis, celle-ci a décidé
de ne pas stopper le processus. Une fois la décision prise par la Commission,
les principe du Safe Harbor devraient entrer en vigueur en octobre prochain
et seront réexaminés dans trois ans.
Edition en ligne : enfin un accord sur les droits d’auteur
au Figaro. 10/07/2000
Après un
long conflit bloquant toute initiative
éditoriale sur internet, la direction du Figaro et le Syndicat national des
journalistes (SNJ), majoritaire dans ce quotidien, viennent de conclure un
accord sur les droits d’auteur des journalistes. Celui-ci prévoit les conditions
dans lesquelles le journal et ses archives peuvent faire l’objet d’une autre
diffusion ou reproduction sur papier, sur internet mais aussi par voie télématique.
Cet accord concerne la réutilisation des textes, photographies, dessins, infographies
des journalistes salariés, permanents ou pigistes. Sur internet comme sur
tout autre support, la direction devra veiller au respect du droit moral du
journaliste et s’interdire toute modification de son oeuvre, sans son accord.
Un membre de la direction de la rédaction y veillera. Une autorisation individuelle
d’utilisation et de reproduction de ses œuvres par le Figaro devra, de toute
façon, être délivrée par le journaliste.
L’accord prévoit par ailleurs une rémunération, en droit d’auteur, du journaliste
pour toute réutilisation après première publication. Celle-ci s’élèvera à
1 500 F au titre du second trimestre 2000 et à 2 200 F pour 2001. Au delà
d’une période temporaire de 18 mois, une évaluation de l’accord sera opérée.
L’arrêt de la cour d’appel du 10 mai 2000, qui avait confirmé l’épuisement
du droit de reproduction des articles des journalistes cédé au Figaro dès
la première publication sur support papier, a accéléré le processus de négociation
de l’accord qui vient d’être conclu. Du côté du quotidien Le Progrès de Lyon
dont la direction s’était pourvue en cassation, les pourparlers pourraient
également bientôt aboutir à une convention.
Communication audiovisuelle : la saisine du Conseil
constitutionnel ne concerne pas internet. 10/07/2000
Les 96
députés de l’opposition qui ont saisi le Conseil constitutionnel, le 30 juin
dernier, concernant la loi adoptée le 28 juin dernier modifiant celle du 30
septembre 1986 relative à la liberté de communication, n’ont pas visé les
articles relatifs à la responsabilité des hébergeurs sur internet et à l’identification
des auteurs de sites web. Le Conseil des sages, qui a un mois pour rendre
sa décision, peut cependant se prononcer sur des articles qui n’auraient pas
été pointés par les députés.
Contenus illicites : Multimania a respecté son obligation de prudence et de
vigilance.
04/07/2000
La cour d'appel de Versailles a rejeté la responsabilité de Multimania qui
avait hébergé un site reproduisant des photos dénudées d'un mannequin, sans
son autorisation.
Dans son arrêt
du 8 juin dernier, elle estime que la preuve de la négligence ou de l'imprudence
commise par l'hébergeur n'a pas été rapportée. Non seulement Multimania a
diffusé une information aux hébergés sur le respect des droits, dans sa page
d'accueil comme dans sa charte soumise à l'acceptation du client, mais il
a mis en place des outils de détection de contenus illicites.
Par ailleurs, dès qu'il a été informé de l'existence de ces photos, il a pris
les mesures nécessaires pour identifier l'éditeur, fermer le compte du site
en cause et a empêché sa réouverture. Avant même que les parlementaires n'imposent
des "diligences appropriées" aux hébergeurs, la cour d'appel de Versailles
a d'ores et déjà précisé les contours de l'obligation de "vigilance et de
prudence" qui pèse sur ces acteurs de l'internet.
Société de l'information : l'équipe de conseillers du
Premier ministre est renforcée. 04/07/2000
A l'approche des grands chantiers législatifs sur la société de l'information
et la protection des données personnelles prévus pour l'automne prochain,
Lionel Jospin a décidé de renforcer son équipe de conseillers. Jean-Noël Tronc,
conseiller technique pour les technologies de l'information et la société
de l'information au cabinet du Premier ministre, depuis juin 1997, est nommé
"conseiller pour la société de l'information". Ingénieur dans le secteur des
télécommunications, il avait notamment été chargé de mission sur les réseaux
de communication et de la société de l'information au Commissariat général
du plan. A ses côtés, le Premier ministre a désigné Florence Schmidt-Pariset
pour remplir la fonction de conseillère technique .
Elle suivra plus particulièrement les aspects juridiques et le processus législatif
lié au numérique. Précédemment affectée au bureau du droit communautaire et
du droit comparé, au service des affaires européennes et internationales du
ministère de la Justice, cette magistrate a notamment participé de très près
aux négociations relatives à la directive sur le commerce électronique
Liliane Bettencourt récupère son .com. 03/07/2000
Dans une ordonnance
de référé rendue le 29 juin 2000, le TGI de Nanterre a fait interdiction
à la société Milleniumsabure d'utiliser le nom de domaine "lilianebettencourt.com"
et la marque. Selon le tribunal, l'utilisation de ce nom de domaine sans l'autorisation
de Mme Bettencourt
constitue un trouble manifestement illicite. Il est ainsi fait injonction
à la société de procéder aux formalités de transfert du nom de domaine au
profit de Liliane Bettencourt.
Cour d'Appel de
Lyon, 1ère Ch., Arrêt
du 22 juin 2000
Consorts
E., SA Le Serveur Administratif / Sarl Editions Législatives, SA Jet On Line,
SA France Télécom
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